Exploration Génomique Interactive · Expansion CAG et polyglutamine

La Génétique des Ataxies SCA

Plus de quarante ataxies héréditaires qui perturbent la coordination des mouvements. Un voyage interactif à travers les gènes ATXN, l'expansion du triplet CAG, la polyglutamine toxique et le cervelet des ataxies spinocérébelleuses.

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Types d'ataxies SCA décrits
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Répétitions CAG pathogènes (SCA3)
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Risque d'hérédité pour chaque enfant
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SCA3 (Machado-Joseph), la plus fréquente
L'histoire en un coup d'oeil

D'une lettre répétée à la maladie

Le parcours entier de cette page, résumé en six étapes.

Point de départ
ADN
Gène SCA
ATXN1/2/3…
Le triplet
Expansion CAG
Protéine
Ataxine avec polyQ
Cerveau
Cervelet (Purkinje)
Résultat
Ataxie
La maladie

Que sont les ataxies SCA ?

Avant de plonger dans la génétique, il est utile de comprendre le groupe de maladies que ces gènes expliquent.

Les ataxies spinocérébelleuses (SCA) sont un groupe de plus de 40 ataxies héréditaires qui sont neurodégénératives, progressives et sans remède. Les plus courantes sont causées par des expansions du triplet CAG qui codent pour la polyglutamine. Elles endommagent progressivement le cervelet —en particulier ses cellules de Purkinje— et les voies spinocérébelleuses, ce qui perturbe la coordination, l'équilibre, la parole et les mouvements oculaires.

> 40 types
Une famille d'ataxies (SCA1, 2, 3, 6, 7, 12, 17…) ; chaque type est défini par son gène
SCA3
Maladie de Machado-Joseph : le sous-type SCA le plus fréquent dans le monde
Début adulte
Généralement entre 30 et 50 ans (variable selon le type) ; progression lente sur des années à des décennies
Autosomique dominant
Chaque enfant d'une personne atteinte a un risque de 50 % de l'hériter
Origine

De la classification classique des ataxies au gène

En 1893, le neurologue Pierre Marie sépara les ataxies héréditaires à début tardif de l'ataxie de Friedreich, établissant la classification clinique classique. Pendant un siècle, elles ne furent reconnues que par leurs symptômes ; dans les années 1990, leurs causes moléculaires furent identifiées —des expansions du triplet CAG dans des gènes tels que ATXN1 (1993), ATXN3 (1994) ou ATXN2 (1996)—, point de départ du reste de cette page.

Symptômes

L'ataxie comme fil conducteur

Toutes les SCA partagent un noyau de symptômes cérébelleux, avec des caractéristiques supplémentaires selon le type :

Le symptôme central

Ataxie de la marche

Perte de coordination et une démarche instable (base large, type « ébrieux »), mains maladroites et dysmétrie. C'est la caractéristique qui donne son nom au groupe et qui apparaît généralement en premier.

Parole

Dysarthrie

Parole lente, scandée et mal articulée due à l'atteinte cérébelleuse. Plus tard, des difficultés à avaler (dysphagie) peuvent apparaître.

Yeux et autres

Anomalies oculomotrices

Nystagmus et mouvements oculaires lents. Selon le type, d'autres signes s'ajoutent : dégénérescence rétinienne (SCA7), neuropathie, spasticité ou parkinsonisme.

Profils cliniques

Chaque type, son propre accent

La plus fréquente

SCA3 (Machado-Joseph)

Le sous-type le plus fréquent dans le monde (gène ATXN3). Elle combine l'ataxie avec des signes variables : dystonie, spasticité, yeux saillants, parkinsonisme ou neuropathie selon le cas.

SCA1 / SCA2

Ataxie avec caractéristiques supplémentaires

SCA1 (ATXN1) implique souvent des signes pyramidaux ; SCA2 (ATXN2) se distingue par des mouvements oculaires saccadiques très lents et une neuropathie. Les deux sont des formes classiques à début adulte.

SCA6 / SCA7

Ataxie « pure » ou avec la rétine

SCA6 (CACNA1A) est généralement une ataxie cérébelleuse presque pure avec une progression très lente. SCA7 (ATXN7) ajoute une caractéristique unique : la dégénérescence rétinienne avec perte de vision.

Évolution

Une maladie qui progresse par étapes

Des décennies peuvent s'écouler entre l'héritage du gène et les stades avancés. C'est une progression graduelle, non un saut brutal.

Prémanifeste

La personne porte l'expansion mais n'a aucun symptôme. Cela peut durer des décennies.

Prodromique

Signes subtils des années avant le diagnostic : légère maladresse, instabilité occasionnelle ou fines anomalies oculomotrices.

Précoce

Diagnostiqué par l'ataxie de la marche et la dysarthrie. La personne marche encore, souvent avec un soutien.

Intermédiaire

L'incoordination, la dysarthrie et la dysphagie limitent la vie quotidienne ; un fauteuil roulant est généralement nécessaire.

Avancé

Dépendance significative et dysphagie marquée. Le décès est généralement dû à des complications (p. ex. pneumonie par aspiration).

Traitement

Pas encore de remède, mais pas sans options

Aujourd'hui, le traitement est symptomatique et multidisciplinaire : il n'arrête pas la maladie, mais améliore la qualité de vie. Les thérapies qui ciblent la cause —le gène et la protéine— sont examinées à la fin, une fois la génétique comprise.

Coordination et marche

Kinésithérapie et équilibre

Kinésithérapie et entraînement à l'équilibre pour maintenir la marche et prévenir les chutes ; aides techniques (canne, déambulateur, fauteuil roulant) selon le stade. C'est la pierre angulaire de la prise en charge de l'ataxie.

Parole et déglutition

Orthophonie

Orthophonie pour la dysarthrie et la dysphagie, et soutien nutritionnel lorsque la déglutition devient difficile. Elle améliore la communication et réduit le risque d'étouffement.

Approche globale

Équipe multidisciplinaire

Ergothérapie, gestion des symptômes associés (spasticité, tremblement, sommeil), soutien psychologique et conseil génétique pour la personne et sa famille.

Contenu éducatif à base scientifique (classification clinique des ataxies, Pierre Marie 1893 ; identification des gènes SCA dans les années 1990 ; pratique clinique actuelle). Il ne remplace pas l'évaluation par un professionnel de santé.

Fondement

Le triplet CAG

L'ADN est lu en triplets de bases. Les gènes des SCA les plus courantes —tels que ATXN1, ATXN2, ATXN3— contiennent une séquence dans laquelle le triplet CAG se répète encore et encore. Chaque CAG code l'acide aminé glutamine.

Chez la plupart des personnes, la séquence est courte. Lorsqu'elle s'étend au-delà du seuil spécifique à chaque type, la protéine ataxine correspondante porte une queue anormalement longue de glutamines (polyglutamine) qui se replie mal, s'agrège et devient toxique pour les neurones cérébelleux.

CAGCAGCAGCAGCAGCAG··· × N répétitions
Exemple (SCA3)
14q32.12
Protéine
Ataxine-3
Région critique
Exon · CAG
Où vivent les gènes ?

Chaque SCA, sur son propre chromosome

Il n'y a pas un seul gène : chaque type de SCA réside sur un chromosome différent. Le plus fréquent, SCA3 / ATXN3, se trouve sur le bras long du chromosome 14, dans la bande 14q32.12. D'autres résident sur le 6 (ATXN1), le 12 (ATXN2), le 19 (CACNA1A) ou le 3 (ATXN7).

Le point marque 14q32.12, la bande où se trouve ATXN3 (SCA3), sur le bras long (q).
Du gène à la protéine

Comment une répétition devient une queue toxique

L'ADN est transcrit en ARN, et celui-ci est traduit en protéine. Chaque CAG ajoute une glutamine (Gln). S'il y a trop de CAG, l'ataxine porte une queue polyglutamine qui la rend toxique.

ADN — gène ATXN3 (SCA3)
↓ transcription — ARN messager
↓ traduction — protéine (ataxine-3)

Interactif

La répétition qui s'allonge

Le nombre de répétitions CAG détermine si la maladie apparaît et, dans une large mesure, quand. Les plages ci-dessous utilisent SCA3 (Machado-Joseph) comme exemple. Cliquez sur chaque plage ou utilisez le curseur pour voir comment la répétition s'allonge.

25Répétitions CAG · SCA3
Normal

Le seuil pathogène varie beaucoup selon le type de SCA : ceux présentés ici concernent la SCA3 (normal ≤ 44, pathogène ≥ 60), mais dans la SCA1 le seuil est d'environ 39 répétitions, dans la SCA2 environ 33, et dans la SCA6 environ ~20 suffit.

En contexte

Les SCA ne sont pas seules

Elles partagent leur mécanisme avec d'autres maladies à expansion de répétitions : une courte séquence d'ADN qui se répète trop de fois. Le gène, la « lettre » qui se répète et le mode d'hérédité changent.

MaladieGèneRépétitionSeuilHérédité
Ataxies SCA (CAG) voir →ATXN1/2/3…CAG≥ 33–60*Autosomique dominant
Maladie de HuntingtonHTTCAG≥ 36–40Autosomique dominant
Dystrophie myotonique de type 1DMPKCTG≥ 50Autosomique dominant
Amyotrophie spinobulbaire (Kennedy)ARCAG≥ 38Liée à l'X
Syndrome de l'X fragileFMR1CGG≥ 200Liée à l'X
Ataxie de FriedreichFXNGAA≥ ~70Autosomique récessif

*Le seuil change selon le type de SCA. Cliquez sur n'importe quelle ligne pour comprendre pourquoi la même idée —une répétition qui s'allonge— produit des maladies si différentes. Beaucoup partagent l'anticipation (l'expansion croît entre les générations).

Le catalogue SCA

Les gènes SCA

Chaque type de SCA a son propre gène. La plupart des formes courantes partagent le même mécanisme —une expansion CAG / polyglutamine— avec quelques nuances. Cliquez sur une carte pour voir les détails.

Convergence fonctionnelle

Réseau de gènes

Les SCA au centre et, autour d'elles, les gènes qui les causent, regroupés par mécanisme. Survolez un nœud pour l'identifier ; cliquez pour voir les détails.

Plus d'un siècle de science

Chronologie des découvertes

De la classification classique des ataxies aux gènes SCA et aux thérapies qui silencient l'ataxine.

Biologie

Mécanismes de la maladie

Comment l'ataxine mutante avec sa queue polyglutamine et l'expansion CAG continue endommagent les neurones, en particulier les cellules de Purkinje du cervelet.

Interactif · expansion somatique

L'horloge qui tourne dans vos neurones

Le CAG n'est pas un nombre fixe : il continue à croître à l'intérieur des neurones avec l'âge. Déplacez l'âge et activez ou désactivez les gènes de réparation de l'ADN pour voir comment il change (modèle basé sur SCA3).

Âge de la personne
20ans
Gènes de réparation de l'ADN
Désactivez MSH3 —une cible de réparation de l'ADN à l'étude— et observez comment l'expansion s'arrête presque.
70
CAG effectif dans le neurone à cet âge

Un modèle illustratif de la tendance (part de 70 CAG hérités, plage SCA3), pas une échelle clinique exacte.

Pourquoi là ?

Toutes les cellules ont le gène, mais c'est surtout le cervelet qui meurt

Cliquez sur chaque région du cerveau pour voir pourquoi certaines sont plus vulnérables que d'autres.

cervelet
Très vulnérable Atteint (voies) Relativement préservé
Comment c'est mesuré

Biomarqueurs : suivre la maladie sans ouvrir le cerveau

Ils permettent de détecter la maladie, de mesurer sa progression et de vérifier si une thérapie fonctionne, tout cela objectivement :

Faites glisser pour voir l'évolution typique au cours de la maladie
Neurofilament léger (NfL)sang · dommages neuronaux
Ataxine expanséetissu/LCR · protéine toxique
Volume cérébelleuxIRM · atrophie

Valeurs illustrant la tendance, pas des échelles cliniques réelles : le NfL commence à augmenter des années avant les symptômes, tandis que le cervelet s'atrophie progressivement.

Hérédité

Comment est-elle héritée ?

Les SCA à expansion CAG sont autosomiques dominantes : hériter d'une seule copie du gène expansé d'un parent suffit. Chaque enfant a une chance de 50 % de l'hériter.

Ce 50 % n'est pas une statistique abstraite : pour de nombreuses familles, c'est une ombre qui façonne des décisions de vie importantes —parentalité, travail, projets d'avenir. C'est pourquoi la génétique des SCA n'est jamais séparée du soutien et du conseil génétique.

0%
Probabilité d'hériter d'un parent atteint
0%
Haute pénétrance avec l'expansion pathogène (si on vit assez longtemps)
Une famille exemple — cliquez sur chaque membre
Homme Femme Rempli = atteint (porte l'expansion)

Le plus grand le nombre de répétitions CAG, plus tôt les symptômes tendent à apparaître. De plus, la séquence peut s'étendre lors de la transmission —surtout par la lignée paternelle— de sorte que la maladie peut commencer plus tôt à chaque génération (anticipation).

Anticipation

L'horloge qui s'accélère entre les générations

Ajustez les répétitions du parent et choisissez la ligne de transmission. Vous verrez la tendance de l'allèle à croître lorsqu'il est transmis aux enfants.

55CAG du parent (SCA3)
Un enfant qui hérite de cet allèle : ~55–66 répétitions

Un modèle illustratif de la tendance, pas une prédiction individuelle : l'expansion est un processus aléatoire qui varie beaucoup d'une famille à l'autre.

Âge typique d'apparition selon le nombre de répétitions CAG dans la SCA3 (approx.)

C'est une tendance statistique, pas une prédiction exacte : au même nombre de répétitions, l'âge d'apparition varie beaucoup entre les personnes (c'est là qu'interviennent les gènes modificateurs).

Points clés

Que savons-nous avec certitude ?

L'essentiel sur la génétique des ataxies spinocérébelleuses :

Le point le plus important : connaître le gène et son mécanisme dans chaque type de SCA ouvre la voie à des thérapies qui ciblent la cause, pas seulement les symptômes. La génétique n'explique pas seulement les SCA : elle ouvre la voie à leur traitement.

Mythes

Ce qui NE cause PAS les SCA héréditaires

Les SCA à expansion sont des maladies purement génétiques. Elles ne sont pas causées par le mode de vie ou des facteurs environnementaux :

Alimentation Stress Traumatisme Infections Vaccins

La santé générale peut influencer la façon dont la maladie est vécue, mais pas sa cause : celle-ci dépend uniquement de l'expansion CAG héritée.

Approches thérapeutiques : où en est chacune ?
Déjà en usage clinique

Elles soulagent les symptômes

  • Kinésithérapie et entraînement à l'équilibre pour la marche et pour prévenir les chutes
  • Orthophonie pour la dysarthrie et la dysphagie ; aides techniques
  • Elles n'arrêtent pas la maladie, mais améliorent la qualité de vie
En essais / recherche

Elles ciblent la cause

  • Oligonucléotides antisens (ASO) qui silencent l'ataxine expansée (à l'étude, ex. anti-ATXN3 et anti-ATXN2)
  • Silençage génique sélectif d'allèle, dans les pas de Huntington
  • Essais spécifiques par type (SCA1, SCA2, SCA3…)
Recherche préclinique

La prochaine frontière

  • CRISPR et édition de base sur l'allèle expansé
  • Ralentissement de l'expansion somatique (cibles de réparation de l'ADN, MSH3)
  • Neuroprotection et stimulation de l'autophagie de l'ataxine toxique
La frontière

Les dernières avancées et ce qui vient

La recherche sur les SCA s'accélère, en grande partie grâce aux leçons tirées de la maladie de Huntington. Voici ce qui change en ce moment —et vers où cela se dirige.

Avancées récentes

Des découvertes qui réécrivent le domaine

Silençage

Oligonucléotides antisens (ASO)

La même stratégie testée dans Huntington est transposée aux SCA : des ASO qui réduisent la production de l'ataxine expansée (anti-ATXN3 dans SCA3, anti-ATXN2 dans SCA2). Plusieurs programmes avancent dans des modèles et des essais précoces.

Biomarqueurs

Mesurer la maladie objectivement

Le neurofilament léger (NfL) dans le sang et l'IRM cérébelleuse permettent de suivre la progression et de détecter les dommages avant les symptômes : essentiels pour concevoir et évaluer les futurs essais.

Une nouvelle cible

Ralentir l'expansion, pas seulement le gène

Les gènes de réparation de l'ADN qui modulent l'expansion somatique du CAG (comme MSH3) émergent également dans les SCA : empêcher le CAG de croître avant que les neurones atteignent le seuil toxique serait une stratégie différente.

Directions futures

Vers où la recherche se dirige

Avant les symptômes

Traiter dans la phase prémanifeste

En s'appuyant sur des biomarqueurs comme le NfL pour détecter les dommages précoces, l'objectif est d'intervenir des années avant l'apparition de l'ataxie.

Édition sélective

Silencer seulement la copie mutée

Des thérapies sélectives d'allèle et l'édition de base ou le prime editing qui corrigent ou éteignent l'allèle expansé tout en préservant la copie saine du gène.

Essais type par type

Une stratégie pour chaque SCA

Comme chaque SCA a son propre gène et seuil, les essais avancent type par type (SCA1, SCA2, SCA3…), combinant silençage, ralentissement de l'expansion et neuroprotection.

La recherche avance très vite et certains de ces résultats sont préliminaires : les dates et chiffres spécifiques peuvent changer à mesure que les essais cliniques mûrissent.

Questions fréquentes

Questions fréquentes

Les questions qui reviennent le plus souvent en apprenant la génétique des ataxies SCA.

Combien de types de SCA existe-t-il ?
Plus de 40 types ont été décrits, numérotés par ordre de découverte (SCA1, SCA2, SCA3…). Les formes les plus courantes (SCA1, 2, 3, 6, 7, 17) sont dues à des expansions CAG qui codent pour la polyglutamine ; d'autres sont dues à des répétitions différentes ou à d'autres mutations. SCA3 (maladie de Machado-Joseph) est la plus courante dans le monde.
Pourquoi le cervelet est-il la principale structure endommagée ?
Le cervelet est le « chef d'orchestre » du mouvement : il coordonne l'équilibre, la marche, la parole et les yeux. Ses cellules de Purkinje sont particulièrement vulnérables à l'ataxine polyglutamine toxique. À mesure que le cervelet et les voies spinocérébelleuses dégénèrent, l'ataxie (perte de coordination) apparaît.
Est-ce la même chose que l'ataxie de Friedreich ?
Non. L'ataxie de Friedreich est autosomique récessive (deux copies mutées sont nécessaires), causée par une répétition GAA dans le gène FXN, et réduit une protéine. Les SCA à expansion CAG sont dominantes (une seule copie suffit) et sont dues à un gain de fonction toxique de la polyglutamine.
Le seuil de répétition est-il le même pour toutes les SCA ?
Non, il varie selon le type. Dans SCA3, la plage pathogène est d'environ ≥ 60 répétitions ; dans SCA1 ~39, dans SCA2 ~33, et dans SCA6 ~20 suffit. C'est pourquoi un résultat doit toujours être interprété dans le contexte du gène spécifique.
Pourquoi certaines personnes commencent-elles plus tôt que d'autres ?
Le plus grand le nombre de répétitions CAG, plus tôt la maladie tend à commencer. De plus, l'expansion peut croître entre les générations (anticipation), surtout par la lignée paternelle, de sorte que la SCA peut commencer plus tôt à chaque génération d'une famille.
Peut-on se faire tester avant d'avoir des symptômes ?
Oui, un test génétique prédictif existe pour le type de SCA présent dans la famille. C'est une décision très personnelle qui doit toujours être accompagnée d'un conseil génétique, étant donné l'absence de remède et l'impact psychologique du résultat. De nombreuses personnes à risque choisissent de ne pas se faire tester.
Sources et glossaire

D'où vient tout cela

Jalons et sources scientifiques sur lesquels cette page est basée.

Jalons fondateurs
1893Marie P. Sur l'hérédo-ataxie cérébelleuse. Sépare les ataxies cérébelleuses héréditaires à début tardif de l'ataxie de Friedreich : la classification clinique classique.
1993Orr HT, Zoghbi HY et al. Expansion of an unstable trinucleotide CAG repeat in spinocerebellar ataxia type 1. Nature Genetics. Identification du gène ATXN1 (SCA1).
1994Kawaguchi Y et al. CAG expansions in a novel gene for Machado-Joseph disease at chromosome 14q32.1. Nature Genetics. Le gène ATXN3 de SCA3 / maladie de Machado-Joseph.
1996Pulst SM et al. Moderate expansion of a normally biallelic trinucleotide repeat in spinocerebellar ataxia type 2. Nature Genetics. Le gène ATXN2 (SCA2).
1997Zhuchenko O et al. Autosomal dominant cerebellar ataxia (SCA6) associated with small polyglutamine expansions in the α1A-voltage-dependent calcium channel. Nature Genetics. Le gène CACNA1A (SCA6).
Mécanisme, rétine et thérapies
1997David G et al. Cloning of the SCA7 gene reveals a highly unstable CAG repeat expansion. Nature Genetics. Le gène ATXN7 (SCA7), avec dégénérescence rétinienne.
2000sOrr HT, Zoghbi HY. Trinucleotide repeat disorders. Annual Review of Neuroscience. Revue du mécanisme polyglutamine partagé par les SCA et Huntington.
2019Klockgether T, Mariotti C, Paulson HL. Spinocerebellar ataxia. Nature Reviews Disease Primers. Revue clinique et génétique de référence des SCA.
RécentProgrammes d'oligonucléotides antisens (ASO) anti-ataxine (anti-ATXN3, anti-ATXN2) dans des modèles et essais précoces, dans les pas de Huntington (littérature préclinique et clinique précoce).
Bases de données et vulgarisation
Bases de donnéesOMIM #164400 (SCA1), #109150 (SCA3/MJD), ClinGen et la National Ataxia Foundation (vulgarisation révisée).

Page de synthèse éducative ; ce n'est pas une source clinique primaire. Les chiffres de seuil et de prévalence sont approximatifs et varient selon le type de SCA et la population. Pour les décisions médicales, consultez des professionnels et les ressources officielles des associations d'ataxie.

Glossaire

Termes clés

SCAAtaxie spinocérébelleuse : un groupe d'ataxies héréditaires autosomiques dominantes.
SCA (ataxie spinocérébelleuse) regroupe plus de 40 types numérotés (SCA1, SCA2, SCA3…). Les plus courantes sont dues à des expansions CAG / polyglutamine ; toutes endommagent le cervelet et produisent de l'ataxie.
AtaxiePerte de coordination des mouvements due à l'atteinte cérébelleuse.
Elle se présente comme une démarche instable à base large, des mains maladroites, une dysmétrie, une parole mal articulée (dysarthrie) et des mouvements oculaires anormaux. C'est le symptôme central qui donne leur nom aux SCA.
CerveletUne structure située sous le cerveau qui coordonne le mouvement et l'équilibre.
C'est le « chef d'orchestre » du mouvement : il affine la coordination, l'équilibre, le tonus, la parole et les yeux. Sa dégénérescence —avec celle des voies spinocérébelleuses— est la cause directe de l'ataxie dans les SCA.
Cellules de PurkinjeLes grands neurones de sortie du cervelet, très vulnérables dans les SCA.
Les cellules de Purkinje intègrent l'information du cervelet et l'envoient au reste du système moteur. Elles sont particulièrement sensibles à l'ataxine polyglutamine toxique ; leur perte progressive explique une grande partie des symptômes.
Polyglutamine (polyQ)Une chaîne de glutamines produite par la répétition CAG ; si elle est très longue, elle rend la protéine toxique.
Chaque CAG code une glutamine (Gln). Trop de CAG produisent une queue de glutamine anormalement longue qui se replie mal, s'agrège et devient toxique. C'est le mécanisme que les SCA communes partagent avec Huntington et d'autres « maladies à polyQ ».
Expansion (de répétitions)Une augmentation anormale du nombre de triplets CAG dans le gène.
Dans la population générale, la séquence CAG est courte et stable. Lorsqu'elle s'étend au-delà du seuil spécifique à chaque SCA, la protéine devient toxique. Le seuil varie selon le type (≈ 60 dans SCA3, ≈ 39 dans SCA1, ≈ 33 dans SCA2, ≈ 20 dans SCA6).
AnticipationLa tendance de la répétition à croître entre les générations, avançant l'apparition.
Elle survient principalement par la lignée paternelle : lors de la formation des spermatozoïdes, le CAG tend à s'étendre davantage. C'est pourquoi la maladie peut commencer plus tôt et plus sévèrement à chaque génération d'une famille.
Autosomique dominantUne seule copie mutée suffit pour développer la maladie ; chaque enfant a un risque de 50 %.
Autosomique = le gène est sur un chromosome non sexuel, donc il touche également les hommes et les femmes. Dominant = une seule copie avec l'expansion suffit. D'où les 50 % de chance pour chaque enfant d'une personne atteinte.
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